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Depuis un certain temps déjà, Lucie Belarbi poursuit son questionnement sur la représentation du corps des femmes, en particulier dans l'espace urbain. Dans la série Les habitantes, elle se montre attentive à la façon dont ses modèles féminins investissent des espaces collectifs urbanisés. Une suite de gestes, captée par la photographe, scénarise une chorégraphie des corps en mouvement dans des lieux quotidiens.
Dans une de ses vidéos, Évreux, une femme dans la ville, une caméra d'épaule suit l'artiste en temps réel dans le silence nocturne des rues de cette petite ville. Le spectateur que nous sommes est happé par la scène filmée ; on s'identifie spontanément au mouvement et on se coule dans ce sillage. On oscille entre angoisse et légèreté dans cette lente déambulation que notre regard accompagne, dans la tension de quelque chose d'indéfinissable, sans doute fait de nos peurs, de nos croyances, de nos attentes qui se cristallisent autour de cette chose simple: une femme marche seule dans la nuit, nous la voyons de dos et nous la suivons. Le bruit de ses talons rythme cette traversée énigmatique et peuple la présence muette et obstinée de la ville devenue décor ; et nous derrière, figures d'anges tutélaires ou bien prédateurs virtuels en puissance dans le jeu pervers de la traque...
Dans Deux mouvements avant la chute, le diptyque nous donne à voir un instant en suspens, quelque chose sur le fil... métaphore de toutes nos chutes passées et à venir, petites et grandes. Une attention portée au presque rien et au je ne sais quoi aurait peut-être dit Jankélévitch ; un accident ténu dans le quotidien de nos mouvements qui dirait nos possibles fractures.
Dans la série Les horizontalités, Lucie Belarbi met en scène son propre corps, allongé dans des lieux quotidiens les plus ordinaires: sur le lit d'une chambre à coucher, sur le bitume d'une entrée de supermarché... Espaces privés et espaces publics accueillent indifféremment ces autoportraits du corps de l'artiste. Une façon intime de dire le désarroi intérieur en jouant sur l'abandon de toute règle convenue de la vie sociale. La photographe déjoue ici un code comportemental de bonne tenue en public: non plus se tenir debout et jouer le rôle attendu assigné à chacun d'entre nous en présence des autres mais s'adonner à une posture inédite et incongrue, en s'allongeant dans des lieux que nous habitons chaque jour, ce qui perturbe notre regard et nous oblige à faire un pas de côté dans notre perception de l'ordre des choses.
En s'intéressant à des endroits a priori sans intérêt particulier, très éloignés de toute esthétique patrimoniale ou de l'idée de pittoresque (au sens étymologique, c'est à dire «digne d'être peint»), l'artiste nous plonge dans une théâtralité photographique contemporaine, propre à nourrir son propos. Ainsi dans la dernière série, Paysage nuit, réalisée à Saint-Jean d'Angély, lors de sa résidence à La maison François Méchain au cours de l'été 2024, elle se met en scène, de nuit, dans des espaces a priori improbables, à la périphérie de la ville : lavomatic pour voitures, parkings déserts de zone commerciale, ronds-points de sortie d'agglomération. Dans ces lieux intermédiaires, presque des non-lieux, coincés entre un centre patrimonial et une campagne alentour très agricole, néons, leds, réverbères désignent des espaces scéniques qui invitent pourtant à la théâtralité. Dans cette banalité sublimée par la lumière artificielle et le silence de la nuit, Lucie rejoue et incarne des postures de magazines : images cent fois vues dans les clichés de mode, convenues jusqu'à l'extrême, qu'elle fait basculer dans quelque chose de troublant. Une fiction privée -la sienne- revisite et réactive dans ces lieux inattendus celle qui circule ad nauseam dans le domaine public: la représentation de corps féminins à l'état d'icônes.
La peinture et l'histoire de l'art rôdent aussi dans ces images :devant tel autoportrait de la même série on se demande qui est celle qui s'est dénudée dans ce décor incongru et qui nous apparaît comme Ève, debout, dans une gestuelle semblable à celles peintes par Lucas Cranach? Il y a une dimension liée à la performance dans ce travail et dans l'image finale qui en rend compte : une forme de défi à l'oeuvre. Mais si se mettre ainsi à nu dans un espace public relève d'une certaine provocation, la finalité de l'image ne se limite pas à cela et questionne bien autre chose qui nous parle du corps des femmes et de leur inscription dans nos représentations mentales.
La nuit, si chère à Baudelaire, la voûte nocturne, qui enveloppe ces scènes de Lucie Belarbi induit ici une forme d'attente et de mystère qui nous met en émoi et met notre regard en éveil. C'est sans doute dans la distance qu'instaure la tension entre le lieu et le corps, que nous percevons le mieux les questions mises à l'oeuvre dans ces images et la présence singulière de l'être, captée par la photographie.
Dans ses dernières recherches en cours, en duo avec le musicien Robin Coudert, l'artiste se met en quête de correspondances possibles entre image et univers sonore. Le projet débouchera sans doute sur une installation à grande échelle dont le spectateur sera le centre, à la fois entouré de photographies d'une ville et immergé dans le son.ion de l’élément
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Lucie Belarbi, vous êtes photographe et vidéaste, pouvez-vous nous présenter votre parcours et votre démarche artistique ?
En photographie, je me considère comme autodidacte. Après des études supérieures en psychologie, je suis devenue styliste-costumière pour le cinéma. J'ai bifurqué sur la photographie en rencontrant la photographe Amélie Chassary en 2010. Pendant cinq ans, nous avons formé un duo de photographes en exposant largement notre travail commun en galerie et lors de festivals dédiés à la photographie.
Depuis, je développe un travail personnel autour du corps et depuis quelques années autour du corps féminin dans l'espace public. Je travaille principalement en argentique, couleur et noir et blanc. J'aime partir du réel pour ensuite construire des mises en scène. Je collabore régulièrement avec des résidences artistiques et mes travaux font partie de la collection du Fonds régional d'art contemporain (Frac).
Vous avez été retenue par le collège international de la photographie (CIPGP) pour participer à une résidence artistique en milieu scolaire au lycée Marcelin Berthelot à Saint-Maur-des-Fossés et à l’institut national du sport, de l’expertise et de la performance (INSEP), comment avez-vous travaillé pour amené les élèves à penser une démarche artistique?
La résidence s'est réalisée sur un temps long, du mois de novembre 2023 à juin 2024 et s'est organisée en trois parties.
Tout d'abord, une séquence avec les élèves de Terminale STMG du Lycée Marcelin Berthelot, une deuxième partie avec des basketteurs et basketteuses de Terminale STMG à l'INSEP et un dernier volet avec deux coureurs de 100 et 400 mètres, l'athlète malvoyant Trésor Gautier Makunda, et son guide Lucas Mathonat qui performeront pour les prochains JO paralympiques de Paris 2024. Le thème de la résidence tout au long de l'année a été le « Geste ». J'ai eu la chance d'avoir un temps long, ce qui m'a permis d'approfondir un travail avec les élèves et leurs professeurs, Virginie Burgos et Philippe Adam. Mon idée était de permettre à ces élèves d'avoir un accès direct à la créa-tion, de pouvoir se poser des questions autour de « ce qui nous est donné à voir », et du comment « être vu ». Dès le début, j'avais très envie de les pousser à travailler sur la photographie-mise en scène. Dans un premier temps, je leur ai présenté mon travail personnel suis l'ai aborde cette question par le biais de la culture et de la connaissance photographique avec trois ouvrages ; « Supplément au dictionnaire italien » de Bruno Murani (aux éditions Corraini Editore) sur la gestuelle à travers le langage des mains ; “Periphérique” du photographe Mohamed Bourouissa (Éditions Loose Joints) qui traite de mises en scènes d’adolescents dans la cité; et et un ouvrage qui offre un pas de côté sur une exposition de peinture de Françoise Pétrovitch « Aimer Rompre » qui a eu lieu au Musée de la vie romantique à l'été 2023.
Mon idée était de leur donner une certaine approche de la photographie. une certaine approche de la photogra-phie. La finalité de la résidence étant un ouvrage, il me semblait pertinent d'aborder l'approche de notre projet par ce biais. Une approche autour de la narration et de comment se construi un récit et un style, avec un corpus d'images. Nous avons travaillé avec des appareils photo numériques et argentiques. Leur donner en main des objets précieux tels que des « Hasselblad » ou des « Nikkormat » était important pour moi. Ces objets leur ont tout de suite permis de s'interroger et découvrir les notions de cadre, la pellicule, la démarche artis-tique, le médium photographique en général. Je voulais vraiment qu'ils se posent les questions que se pose un artiste, qu'ils se mettent à la place … qu’ils se déplacent comme un photographe. Je voulais aussi que ce projet leur ressemble. Qu’il s’approprient à la fois le projet, le sujet et l’outil photographique. Que ce projet parle de leur propre voix. Très vite, un terreau de rencontres et de discussions s'est organisé. Au fur et à mesure, on s'est dirigé vers le geste adolescent et la mise en scène de leurs propres gestes.
Il y a eu des ateliers à l'INSEP de prises de vue des athlètes en mouvement, une photographie plus documentaire, des autoportraits, des documents iconographiques autour du corps et du geste avec des mises en scène dans les espaces communs du lycée.
Savoir l’identifier et déchiffrer le langage corporel et ses significations fait partie de l’apprentissage, qu’est ce que la photographie a mis en lumière ?
Les élèves se sont rendus compte assez rapidement qu'il y a un engagement du corps dans la photographie, c'est-à-dire que lorsqu'on photographie, on doit se déplacer autour de son sujet et on doit engager son propre corps et il y a aussi quelque chose de l'ordre du regard, « regarder » les gestes se dérouler…
Les élèves ont pris des rôles différents, certains étaient « acteurs », devant l'appareil photo, d'autres derrière, certains à la mise en scène... puis vice- versa. Certains ne voulaient pas être photographiés, chose que nous avons respectée, d'autres ont changé d'avis, tout s'est équilibré. Ce qui était important, c'est que les photographies soient collectives, qu'elles ne soient ni les miennes ni celles d'un seul élève.
Le projet les a aussi poussés à s'interroger sur leur propre corps et leurs propres déplacements avec les mises en scène. Il y a eu plusieurs étapes avant qu'ils engagent leur corps notamment une séance de danse. Mon travail photographique se réfère beaucoup à la danse et au corps chorégraphié qui est pour moi un enjeu artistique bien sûr, mais aussi social. Je leur ai donné des références qui étaient importantes pour moi comme Fase de la chorégraphe Anne Teresa De Keers-maeker sur la musique de Steve Reich.
Je partage complétement la citation de cette chorégraphe qui dit que le corps est un inépuisable réservoir de mémoire. Dans notre corps sont encodées notre naissance, notre enfance, et toute notre expérience émotionnelle, sociale et spirituelle. C'est parce que notre corps contient tous ces codes que nous pouvons le confronter à d'autres codes plus abstraits, musicaux, géométriques et topologiques. Comment se mouvoir ? Comment prend-on sa place dans un espace commun ?
Et comme le documentaire en lien avec des adolescents Les Rêves dansants. Sur les pas de Pina Bausch, je voulais leur montrer que tout cela avait du sens.
Qu’est ce que les lycéens et les jeunes sportifs de haut niveau ont appris les uns des autres dans ce domaine?
Lors des séances à l'INSEP, c'était vraiment intéressant. Les élèves étaient dans une démarche de photographie plutôt documentaire car ils assistaient à des entraînements de sportifs de haut niveau et photographiaient le geste sportif. Il y avait quelque chose de très beau, une sorte de chorégraphie qui s’était créée justement entre les élèves photographes et les athlètes. De façon très naturelle, les élèves photogra-shiant épousaient presque les gestes des sportits dans une sorte d'empathie photographique et de gestuelle accom-agnante et englobante. C était très eau de voir les élèves prendre toute leur place à cet endroit.
Ils ont compris également la concentration extrême, l'exigence, cette rigueur dans le travail sportif. C'était très intimidant et fascinant de voir de jeunes personnes qui sont dans une répétition du geste sportif pour pouvoir accéder à la précision et à l'excellence. Avoir accès à l'INSEP a vraiment nourri les élèves et ils ont été très réceptifs. Ces rencontres ont été essentielles dans le projet.
Quelle expérience de la culture de l’art et des savoir-faire photographiques, avez-vous voulu partager et transmettre aux élèves durant cette résidence?
C'était important pour moi de créer une découverte autour des outils. Nous avons travaillé la photographie numé-rique, la photographie argentique, la photographie couleur et le noir et blanc.
Je ne voulais pas donner une direction artistique particulière, je voulais surtout que les élèves découvrent des boitiers prestigieux comme le Hasselblad ou le Nikkormat. Et ces outils leur ont permis de s'exprimer. Je voulais qu'ils repartent avec la possibilité d'avoir un nouveau langage, le langage photographique, pour exprimer eurs propres idées, transmettre leur propre voix, devenir indépendants et trouver un point de liberté.
Dans le projet, ils ont pu appréhender également plusieurs écritures photograhiques ; la photographie documentaire à l'INSEP: la mise en scène qui leur a permis un rapport à l'abstraction; les autoportraits.
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La photographie de Lucie Belarbi est un terrain de jeu et d’affrontement, pour elle et pour les autres femmes. On y revendique le droit de vivre, sans contraintes. Une menace indéterminée règne dans ces images. L’angoisse que nous ressentons face aux images de Lucie Belarbi est réelle et indistincte. Ce sont bien souvent des femmes qui sont confrontées à des situations mises en scènes photographiques. Et, ce n’est pas le destin qu’il faut incriminer. Quelque chose de totalement indéterminé s’est inscrit dans les photographies. La ville, le décor, représente la menace qui peut surgir à tout instant, mais c’est à l’approche de la nuit que les craintes surviennent. La ville et les nuits de pleine lune, voilà ce qui menace. Une menace qui est déjà là et nulle part précisément.
Rien ne s’affiche vraiment, mais on perçoit une inquiétude indécise qui saisit des personnages dans des situations entre chiens et loups. La fuite, comme manifestation de l’instinct de conservation, est, à l’évidence, la seule réponse à donner à l’angoisse qui surgit de situations banales. La violence, ici, est bien souvent intériorisée. Le souffle court, le pas s’accélère quand une sensation interne d’oppression prend possession du corps féminin dans un espace public hostile. Les images font état de ce sentiment de confusion qui s’empare des sujets féminins qui appréhendent un danger extérieur. Un danger, répétons-le, qui n’est pas visible, qui n’est pas directement percevable, mais qui met en jeu l’existence même.
Lucie Belarbi ne crée pas d’événements. Cela n’est pas nécessaire. La reconstitution de situations suffit aux conditions mêmes de l’expérience vécue. Les femmes savent, qu’il faut aller droit au but sans se faire remarquer ! Si les hommes sont absents des photographies, ils sont présents, ces architectes d’une peur sociale et genrée. À cette terreur, Lucie Belarbi oppose ce que l’on pourrait nommer des performances photographiques. Des bandes de filles, et la photographe également, jouent théâtralement des figures joyeuses s’appropriant sans complexe l’espace. La ville, ses quartiers, n’est plus réservée seulement aux détenteurs de l’autre sexe. La ville se prend en dansant, en s’allongeant, de toutes les manières possibles, en exhibant simplement des corps délivrées de la peur. Alors, la couleur surgit. Elle accompagne la lumière qui rend visible et gai. Il n’y a plus désormais d’interdits spatiaux dans cette fiction. Les femmes, les jeunes femmes en particulier, repoussent les frontières et refusent l’opacité de la ville. Peu importe que la ville soit impersonnelle, elle doit être proche, sûre et protectrice.
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Si le premier contact des dernières photographies de Lucie Belarbi m’a immédiatement fait comprendre leur économie corporelle et leur intensité, j’ai été questionné par le titre de la série Les habitantes que je trouvais un peu trop généraliste. En me rendant sur son site j’ai constaté qu’une plus récente série en cours s’intitulait La maison brûle, journal d’un confinement. A la confluence des deux ensembles j’ai repensé que Richard Conte en 2007 avait produit une série d’expositions et une publication aux éditions de la Sorbonne : « Qu’est ce que l’art domestique ?». Il y approche les rapports anthropologiques et historiques que les femmes entretiennent avec la maison, à ’opposition de la domination masculine et en cohérence avec la complexité que les architectes et designers apportent dans la construction d’un habitat individuel. Il en écrit: « C’est aussi que l’habitat, en tant que volume enveloppant, a son charme, son intimité, sa privauté. » Elles venaient donc de cet héritage artistique ces habitantes.
A revoir la série à l’aune de ce concept on peut constater que les images d’intérieur y sont aussi nombreuses que les vues citadines. Une ou deux images sans présence humaine de modèle font pendant à des images de seuil. Dans ces dernières notre imaginaire se nourrit d’une action à venir, même si la gestuelle s’encombre d’objets qui retardent le franchissement, ou si le corps heurte (mais pourquoi) un poteau juste avant la porte. Le suspens s’affirme encore en haut d’un escalier dont on ne devine pas vers quel tréfonds il conduit ou en haut d’un balcon pour quelle attente ou rencontre.
D’un point de vue sociologique il est par contre aisé d’attribuer à chaque modèle des fonctions au coeur de la maison, assistante ménagère, employée en télé-travail , musicienne, mère au foyer, femme de ménage, mais aussi d’autres occupations telles sportive ou danseuse. Mais ce ne sont clairement pas des portraits, d’ailleurs Lucie Belarbi revendique lors de l’éditing l’exclusion des visages, du fait de ce choix radical les figures féminines deviennent génériques, comme les variantes d’un même corps collectif et anonyme.
Dès lors notre approche se doit d’être plus physique. Dans l’activité technique du corps on distingue la dynamique de la gestuelle et la stabilité de la posture. Rappelons en l’origine : posture » vient du latin positura, dérivé de positum, participe passé de ponere : placer, poser et sa définition « une attitude particulière du corps adapté à une situation ». Cela correspond justement au lent protocole d’élaboration des oeuvres dans les allers retours entre l’observation, les dessins préparatoires, la collaboration avec les modèles et leur inscription dans un réel qui les cerne. La question de la posture ne peut ainsi se penser que dans le cadre d’un espace socialisé, ou en référence à une danse … des postures.
Dans les photos les objets et dispositifs sont nombreux, porte, rampe de balcon, casiers, murets, tables, murs … Autant de supports répondant aux appuis en danse renvoyant aux différentes surfaces possibles du corps permettant de soutenir le poids. Dos, pieds, tête, genoux, avant-bras permettent de donner tout le poids de son corps à un endroit. Cela correspond aux images où le modèle reste seule dans le cadre.Dans les plus rares images avec deux protagonistes on assiste à un phénomène de tension où le tonus impulse un transfert déplaçant le poids d’un corps à l’autre.
Seules ou en duo ses modèles sont sujettes à la force de la gravité universelle. La chorégraphe américaine Doris Humphrey a construit sa danse autour de l’opposition fall/recovery, chuter et se ressaisir. Elle déclarait « Le mouvement est un arc tendu entre deux morts. » Si les modèles de Lucie Belarbi luttent aussi par leur action domestique contre le déséquilibre, leur tension s’établirait plutôt entre deux moments de vie. Elles répondraient plus exactement à la définition de Georges Didi-Hubermann « Le danseur est donc aussi le géomètre immédiat de son corps en mouvement. »(1)
La nouvelle danse française des années 1980, derrière Dominique Bagout notamment, nous a familiarisé avec des corps de nouveau quotidiens, de ceux qui rompent la barrière de l’intime, pariant sur le mouvement le plus vivant et se défaisant de la contrainte, Daniel Dobbels les a salués comme les corps de la déférence, les Habitantes les réincarnent.
1) Le danseur des solitudes Editions de Minuit 2006
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